En 2027, l’Europe veut imposer aux voitures électriques un « passeport batterie », qui tracera l’origine des matériaux clés de la batterie et mesurera son empreinte carbone.
Le gros avantage environnemental de la voiture électrique, c’est de préserver la qualité de l’air, en particulier dans les zones au trafic dense, comme les villes. La voiture à pile n’émet en effet pas de CO2 en roulant, pas d’oxydes d’azote ni d’autres polluants issus de la combustion de pétrole. Et les quelques particules fines qu’elle rejette proviennent uniquement du roulement des pneus sur la chaussée et de la friction causée par les plaquettes de freins sur les disques.
Par contre, la voiture électrique fait encore débat concernant son bilan écologique global, car la fabrication et le recyclage des batteries sont des opérations qui consomment beaucoup d’énergie (eau et électricité, donc aussi beaucoup de CO2 dans les pays où l’électricité est produite majoritairement avec du charbon). L’extraction des matières premières (lithium, nickel, manganèse, cobalt) est également polluante et parfois réalisée dans des conditions de travail déplorables dans certains pays de la planète. D’où l’idée de tracer toutes les étapes de production des batteries.
Une carte d’identité de la batterie
L’Union européenne a donc décidé la mise en place d’un « passeport batterie », qui devrait devenir obligatoire en février 2027. Ce document numérique indiquera notamment l’origine du fabriquant et des matériaux clés de la batterie (lithium, nickel, manganèse, cobalt), la date et le lieu de fabrication, le taux de matériaux recyclés dans les cellules et le type de chimie adopté, ainsi que l’empreinte carbone totale de la production. Outre une bonne traçabilité de la batterie, cet outil vise à réduire l’extraction de matières premières et à améliorer leur recyclage.
Le passeport batterie indiquera également l’« état de santé » actualisé de la batterie (SoH, pour State of Health), à savoir sa capacité d’énergie restante. Cette donnée a une grande importance sur la valeur de revente de la voiture, sachant que la batterie est l’élément le plus coûteux d’un véhicule électrique.

Info via code QR
Actuellement, seul Volvo (constructeur d’origine suédoise racheté en 2010 par le groupe chinois Geely) anticipe la mise en place du passeport batterie : le nouveau SUV EX90, dont la production a débuté en juin, est le premier véhicule électrique doté de ce document. Pour développer ce passeport batterie, Volvo a fait appel à la startup britannique Circulor et le constructeur dit qu’il a fallu plus de 5 ans de développement pour élaborer ce passeport et recenser avec précision les différentes informations exigées par l’Union européenne. Les possesseurs du Volvo EX90 auront accès à un résumé de ce passeport batterie via un code QR situé à l’intérieur de la porte conducteur du véhicule. On ne peut que saluer cette initiative européenne qui permettra d’établir un classement environnemental des batteries des voitures électriques, alors que leurs conditions de production sont actuellement inconnues du grand public.