Le projet de LEZ généralisée en Wallonie est abandonné, mais la lutte contre la pollution automobile continue. Il faut désormais s’attendre à des mesures localisées dans les grandes villes, avec une vigilance accrue sur la qualité de l’air dans les zones sensibles.
Les règles évoluent : vers une LEZ ciblée et non généralisée
Alors qu’une grande Zone de Basses Émissions (LEZ) devait initialement entrer en vigueur en Wallonie le 1er janvier 2025, la ministre de l’Environnement, Céline Tellier, a annoncé un changement de cap. Le projet de LEZ généralisée est abandonné au profit de mesures plus justes et ciblées, concentrées sur les grandes villes comme Liège ou Charleroi.Un projet revu à la baisse
L’idée d’une LEZ wallonne n’est pas nouvelle : elle date de 2019. Le calendrier initial prévoyait une interdiction progressive des véhicules selon leur norme Euro entre 2023 et 2030. Mais cette législation n’a jamais été officiellement mise en œuvre, faute de publication des arrêtés d’application. Finalement, alors qu’une mise en vigueur pour 2025 était envisagée, une étude de l’ISSeP (Institut Scientifique de Service Public) a démontré que les bénéfices environnementaux d’une LEZ généralisée étaient faibles en zones rurales, où les alternatives à la voiture sont limitées.Une nouvelle orientation : LEZ locales dans les grandes villes
Selon la ministre, « la qualité de l’air doit être améliorée là où c’est le plus utile ». Les dépassements de pollution sont souvent très localisés (jusqu’à l’échelle de rues spécifiques), ce qui justifie une approche urbaine. Des LEZ pourront donc être mises en place ville par ville, comme cela se fait déjà à Bruxelles, Gand ou Anvers.
Un nouveau décret est en préparation, avec pour objectif de laisser aux grandes communes le soin de décider si, quand et comment elles souhaitent restreindre l’accès aux véhicules les plus polluants.
Et les voitures trop polluantes alors ?
En l’état actuel, aucune interdiction généralisée n’est en vigueur en Wallonie. Les restrictions potentielles seront décidées au niveau local, ville par ville. Il est donc conseillé de se renseigner directement auprès de sa commune en cas de doute.Pourquoi ce revirement ?
- La LEZ régionale aurait été la plus grande d’Europe, couvrant toute la Wallonie.
- Les zones rurales auraient été pénalisées malgré le manque d’alternatives à la voiture.
- L’efficacité d’une telle mesure n’est avérée que pour les grandes zones urbaines.
- La justice sociale et l’équité sont désormais des critères centraux.
Ce qui reste inchangé : la fin des véhicules thermiques en 2035
Au niveau européen, la décision est pour le moment maintenue : à partir de 2035, les véhicules neufs à moteur thermique (y compris les hybrides) ne pourront plus être commercialisés dans l’Union Européenne. Cela reste l’un des piliers du Pacte vert européen pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.À Bruxelles, un exemple concret d’efficacité
À Bruxelles, la LEZ est en place depuis 2018. Elle a permis de :- Réduire la part des voitures diesel de 62 % à moins de 40 %
- Diminuer les émissions de NOx de 21 %, de black carbon de 59 % et de particules fines de 26 %
- Modifier significativement le parc automobile bruxellois